L’Association Médicale de Sauvegarde de l’Environnement et de la Santé (AMSES) Martinique et l’Union Régionale des Professionnels de Santé Médecin Libéraux (URPS ML) ont transmis au Préfet de Martinique, Laurent PREVOST, une lettre conjointe pour lui demander « d’interdire immédiatement tout épandage aérien avec les produits utilisés actuellement ». A l’appui de leur demande, des informations sanitaires sur le BANOLE disponibles sur le site ESIS et qui n’apparaissent pas dans le dossier mis à leur disposition par la société TOTAL. Le BANOLE est signalé par la lettre T et classé R45 ; C2 pour indiquer qu’il est toxique, cancérigène que sa cancérogénicité est avérée. Aucune de ces informations ne figure sur l’étiquette du produit alors que l’étiquetage est obligatoire. Il n’y a pas de conseils de prudence. Pour mémoire le Conseil Régional avait commandé le 19 janvier 2012 au « Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins » un rapport d’expertise sanitaire sur le dossier de l’épandage aérien. Il ressort de ce rapport que les deux autres produits qui composent l’épandage, le TILT et le SICO sont aussi dangereux. « Le TILT et le SICO ont une toxicité aigüe modérée et localisée mais non nulle et une toxicité chronique suspectée qui les a fait inscrire en classe 3 sur le répertoire des produits cancérigènes. Le BANOLE, par contre, utilisé comme huile de dilution est un hydrocraquage de pétrole et à ce titre il présente à la fois une toxicité aigué pulmonaire et neurologique potentiellement mortelle et une toxicité chronique connue de longue date par le corps médical, à savoir un potentiel cancérogène ». Le Conseil de l’Ordre des Médecin conclut « par un avis très défavorable sur tout mode de traitement aérien ou terrestre faisant usage de ces produits ». Après le scandale du chlordécone qui a généré une explosion des cancers de la prostate, va-t-on encore faire peu de cas de la santé des Martiniquais ?
RFA
20 février 2012 6 h 41 min | by rfa
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